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Les points forts:

1/Il s’agit d’une méthode simple et rapide de reconstruction mammaire qui ne rajoute pas de cicatrices.

2/Nous l’utilisons préférentiellement chez des femmes minces n’ayant pas eu de radiothérapie

3/La réalisation préalable d’une ou deux séances de lipofilling avant la reconstruction par implant améliore fortement le résultat notamment en cas d’irradiation

Principes

Cette intervention  a pour but de reconstituer le volume et les contours du sein par la mise en place d’une prothèse interne au dessous du muscle pectoral. Elle peut être réalisée en même temps que l’ablation du sein (reconstruction mammaire immédiate) ou dans un deuxième temps (reconstruction mammaire secondaire). Cette prothèse interne est, dans les cas les plus simples, la prothèse permanente. Ce peut être dans certains cas une prothèse temporaire d’expansion tissulaire destinée à augmenter la quantité des tissus de couverture (peau, muscle) de la prothèse permanente ce qui peut donner un aspect plus naturel au sein reconstruit.
Les prothèses sont toutes constituées d’une enveloppe en élastomère de silicone qui peut être lisse ou plus ou moins rugueuse (texturée ou recouverte de mousse de polyuréthane) pour diminuer le risque de formation de coque.
Il existe plusieurs formes de prothèses : rondes ou « anatomiques » (cf Augmentation mammaire – Prothèses rondes ou anatomiques) dont l’épaisseur est plus importante dans la partie inférieure et simule le profil d’un sein naturel. En reconstruction mammaire, nous utilisons dans 95% de nos cas des implants mammaires anatomiques recouverts de mousse de polyuréthane afin de ne pas avoir de risque de rotation et de limiter les coques.
Lors d’une reconstruction mammaire immédiate, un implant est mis en place juste après l’ablation du sein, sous le muscle pectoral. Dans certains cas, si la tumeur est située à distance de l’aréole, nous la conservons et tout la chirurgie est effectuée par une cicatrice située sous le sein identique à celle utilisée en chirurgie esthétique.

Lors d’une reconstruction mammaire secondaire, si les tissus sont affinés au niveau de la cicatrice nous débutons par une à 2 séances de lipofilling espacés de 2 mois. Lors de la mise en place de l’implant, la cicatrice de mastectomie est utilisée. Nous réalisons par la suite un lambeau d’avancement abdominal qui permet d’augmenter la quantité de peau disponible dans la portion inférieure du sein et de définir parfaitement le pli inférieur du sein (sillon sous-mammaire). Le muscle pectoral est ensuite soulevé afin de camoufler la portion supérieure de l’implant.

En pratique

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. Ceci nécessite une consultation pré-anesthésique au minimum 48 h avant l’intervention.
Elle dure 1 h et nécessite une hospitalisation de 2 à 4 jours principalement en raison de la nécessité d’un drainage post-opératoire.
Une reprise du travail peut être envisagée 2 semaines après l’intervention.
Des séances de kinésithérapie sont très utiles afin de limiter les douleurs et d’améliorer la souplesse du sein reconstruit

Questions réponses

Existe t’il des contre indications à la reconstruction mammaire par implants

Oui, une reconstruction mammaire par prothèse n’est pas adaptée à toutes les patientes. On peut considérer que le taux d’échec habituel d’une reconstruction mammaire par prothèse est évalué entre 2 et 3% des cas. Un tabagisme important ou une obésité augmentent de près de 3 fois le taux de complications. Une mastectomie (ablation du sein) est souvent complétée par une radiothérapie du thorax si les ganglions étaient envahis. Celle-ci peut entrainer une brûlure importante de la peau du thorax qui rend impossible la mise en place de l’implant. On s’oriente alors dans ces cas là vers des techniques de lambeaux DIEP ou grand dorsal. Les nouvelles techniques de lipofilling préalables peuvent néanmoins permettre de contre balancer l’effet des rayons et d’envisager la mise en place d’implants
Pour résumer, la reconstruction mammaire par prothèse d’adresse avant tout à des femmes maigres n’ayant pas reçu de rayons.

J’hésite entre les implants en sérum physiologique ou ceux en gel de silicone pour ma reconstruction mammaire. Que me conseillez vous?

Les implants mammaires en sérum sont de très bonne prothèses mammaires avec un bon profil de sécurité (peu de coques, pas de risque de siliconome en cas de rupture de l’implant qui se dégonfle).
Leur utilisation en reconstruction mammaire est néanmoins limitée par quelques inconvénients liés à la nature ces implants.
Comme la prothèse est mise en place juste sous la peau et le muscle en reconstruction mammaire, ses plis sont visibles au bord supérieur des implants sérum.
Le toucher des implants mammaires sérum est aussi plus dur que celui des implants silicones.
Enfin, les implants sérum ne sont disponibles qu’en forme ronde et n’existent pas en forme anatomique très utile en reconstruction mammaire.
Pour conclure, nous utilisons le plus souvent en reconstruction mammaire des implants anatomiques en silicone recouverts de mousse de polyuréthane.
Nous réservons les implants sérum aux procédures d’expansion cutanée ou comme implant d’attente lors d’une reconstruction mammaire immédiate

J’ai eu de la radiothérapie, est que la reconstruction mammaire par implant est une bonne option?

Globalement non.
La radiothérapie thoracique après mastectomie provoque une brûlure de la peau, d’importance variable,  qui se traduit par une rétraction des tissus.
Le corps ne peut plus se distendre pour accepter la prothèse mammaire interne. Le taux d’échec de mise en place d’un implant mammaire est alors très élevé.
Si l’opération est un succès immédiat, le corps va souvent provoquer une réaction fibreuse trop importante autour de la prothèse ou coque avec une fréquence située entre 20 et 30 %. Cette coque, si elle est sévère, nécessite une ablation de l’implant.
Tout dépend donc de l’intensité de la brûlure liée à la radiothérapie. Les nouvelles techniques d’irradiation conformationnelles (avec calcul des doses de rayons délivrés selon un repérage scanner) permet de diminuer les séquelles  et de mettre en place des implants mammaires avec un taux de réussite acceptable.
De plus, une nouvelle stratégie consistant à réaliser des lipofilling répétés de la zone de mastectomie permet de réduire le nombre de complications. Elle décale néanmoins la reconstruction de plusieurs mois.

Quelles sont les complications possibles ?

Il existe des complications immédiates et à distance.
Les complications immédiates sont l’hématome, l’infection et l’ouverture de la cicatrice qui peuvent aboutir à un échec de la reconstruction dans 2 à 3% des cas.
Les complications à distances sont la contracture capsulaire ou coques, les malpositions d’implants (trop petit, trop haut, rotation), et la rupture de l’implant.

Le résultat est il stable dans le temps?

Non est c’est la le principal défaut de cette technique. Le sein reconstruit par un implant va rester figer alors que le sein non malade va avoir tendance à tomber avec le temps. Ainsi, une plastie mammaire du sein non malade est souvent nécessaire avec parfois des cicatrices disgracieuses.
De plus, l’implant va avoir tendance à s’user avec le temps ce qui provoque des déformations du sein reconstruit qui va nécessite un changement de l’implant habituellement entre 10 et 12 ans après sa pose.

Combien coûte une reconstruction mammaire par prothèse?

Une reconstruction mammaire par prothèse est prise en charge par l’assurance maladie après avis du médecin conseil de la sécurité sociale. Nous pratiquons des honoraires complémentaires de 1200 à 1500 € selon les cas qui peuvent éventuellement être pris en charge par votre mutuelle.

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