Les implants mammaire macrotexturés et polyurethane interdits en France

Un implant lisse MOTIVA à gauche, un implant texturé Allergan à droite

L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) va annoncer ce jour une décision majeure et historique. Par une décision de police sanitaire, elle interdit la mise sur le marché, la distribution, la publicité et l’utilisation des implants mammaires implants macrotexurés et recouverts de mousse de polyurethane.
Cette décision concerne les implants ALLERGAN Natrelle Biocell, les implants ARION monobloc texturés, les implants SEBBIN anatomiques texturés, les implants NAGOR texturés, les implants EUROSILICONE Matrix texturés et les implants POLYTECH texturés et recouverts de mousse de polyurethane.

Nous parfaitement en accord avec cette décision parfaitement logique si l’on considère l’augmentation récente des cas de lymphome anaplasique à grande cellules ou LAGC (70 cas en France, environ 700 dans le monde), qui sont dans leur immense majorité liés au port d’implants macrotexturés.

Nous avions anticipé cette décision depuis 18 mois en utilisant des implants Motiva Ergonomix lisses dans plus de 90% de nos cas.

Nous n’avons jamais utilisé d’implants ALLERGAN ni d’autre implants macrotexturés, en revanche nous avons utilisé largement des implants POLYTECH recouverts de mousse de polyurethane et les implants MENTOR Siltex car ils avaient des bénéfices connus, notamment dans la prévention des coques ou contracture capsulaires.
Les implants recouverts de mousse de polyurethane étaient jusqu’en 2015 commercialisés par les marques SILIMED (Brésil) et POLYTECH (Allemagne). La quasi totalité des cas de LAGC liés à des implants recouverts de polyurethane (environ 50 cas, surtout en Australie) sont liés à la marque SILIMED qui présente un risque identique à la marque ALLERGAN (1 cas sur 3000).
La marque SILIMED est interdite en France depuis 2016 en raison de défaut dans la production des implants.
Pour le moment, il semble qu’un ou deux cas de LAGC ait été déclarés avec la marque POLYTECH.
Cette différence de taux de LAGC entre les 2 marques qui proposaient des implants apparement de même type semble expliquée par un phénomène de délamination (séparation) de la mousse de polyuréthane sur les implants SILIMED qui les transforme ainsi en implant macro texturés. Ce phénomène est peu ou pas observé avec les implants Polytech.

Ainsi, on peut globalement retenir que le risque de LAGC est quasi nul avec les implants lisses, de 1 cas sur 3000 avec les implants macro texturés ou SILIMED polyurethane et de 1 cas sur 30000 à 50000 pour les implants microtexturés ou POLYTECH polyuréthane. Ces chiffres sont malheureusement appelés à évoluer avec le temps.

La décision de l’ANSM est donc bonne et protège la population d’une complication rare mais grave.

Quels sont nos recommandations si vous êtes porteuse des implants concernés par la décision de l’ANSM?

Les instances officielles ne recommandent pas d’ablation préventive chez ces femmes (donc ne justifient pas de remboursement par la sécurité sociale comme cela a été le cas dans les implants PIP). Les patientes doivent consulter de façon annuelle leur chirurgien et réaliser une IRM de contrôle afin de dépister une éventuelle usure ou rupture. En cas rupture, l’ablation sera recommandée et remboursée.

Nous recommandons aux femmes ayant des implant ALLERGAN ou assimilés macrotexturés ou SILIMED polyurethane d’envisager sérieusement une ablation avec capsulectomie complète au vu du taux non négligeable de LAGC qui survient le plus souvent entre 7 et 10 ans après la pose de l’implant, et ce même en l’absence de rupture en IRM (tout en sachant qu’alors cette intervention ne sera pas remboursée par l’assurance maladie).
En effet, au vu du risque de 1 cas sur 3000, il ne nous parait pas éthique de proposer à ces patientes une simple surveillance radiologique du LAGC qui en fait n’existe pas (le LAGC peut survenir de façon brutale et sans signes avant coureurs).

Concernant les implants microtexturés et POLYTECH polyurethane, un risque théorique existe, mais une ablation préventive nous semble excessive en dehors de signes d’usure de l’implant en IRM.

En chirurgie esthétique, si le complexe est majeur, on peut envisager la pose d’implants lisses. Cependant les patientes doivent considérer avec attention les bénéfices d’une ablation simple sans changement.
En chirurgie reconstructrice après ablation du sein, nous vous recommandons une ablation de l’implants et un remplacement par une technique de reconstruction avec vos propres tissus (lambeau autologues DIEP, PAP ou MS Latissimus Dorsi).

Retrouvez toutes les marques d’implants mammaires ici.



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