En quoi consiste une reconstruction mammaire par prothèse ?
La reconstruction mammaire par prothèse a pour but de reconstituer le volume et les contours du sein par la mise en place d’une prothèse interne au-dessous du muscle pectoral. Elle peut être réalisée en même temps que l’ablation du sein (reconstruction mammaire immédiate) ou dans un deuxième temps (reconstruction mammaire secondaire). Cette prothèse interne est, dans les cas les plus simples, la prothèse permanente. Ce peut être, dans certains cas, une prothèse temporaire d’expansion tissulaire destinée à augmenter la quantité des tissus de couverture (peau, muscle) avant la mise en place de la prothèse permanente lors d’une deuxième chirurgie, pour donner un aspect plus naturel au sein reconstruit.
Les avantages d’une reconstruction mammaire par implant
La reconstruction mammaire par prothèse constitue une technique de reconstruction simple et rapide, qui présente l’avantage de ne pas ajouter de cicatrices supplémentaires. Cette approche est privilégiée chez les patientes minces n’ayant pas bénéficié de radiothérapie préalable. Lorsque le sein a été irradié, la réalisation d’une à deux séances de lipofilling mammaire (augmentation mammaire naturelle par injection de graisse) avant la pose de l’implant permet d’optimiser significativement le résultat esthétique.
La composition et la forme des prothèses dans le cadre d’une reconstruction mammaire par prothèse
Les prothèses sont toutes constituées d’une enveloppe en élastomère de silicone et peuvent être remplies de gel de silicone ou de sérum physiologique.
Il existe plusieurs formes de prothèses : rondes ou « ergonomiques » (cf Augmentation mammaire par Prothèses rondes ou ergonomiques ) dont le mouvement du gel simule le profil d’un sein naturel. En reconstruction mammaire, nous utilisons dans 95% de nos cas des implants mammaires ergonomiques afin d’obtenir le résultat le plus naturel possible.
Les différentes techniques de reconstruction mammaire par prothèse à Paris
La reconstruction mammaire par prothèse peut être réalisée immédiatement, dans le même temps que la mastectomie, ou de manière différée (secondaire). Le choix du moment de la reconstruction dépend notamment de la qualité des tissus, des traitements oncologiques prévus, en particulier d’une éventuelle radiothérapie, ainsi que de la situation médicale et des préférences de la patiente.
Reconstruction mammaire par prothèse immédiate
Lors d’une reconstruction mammaire immédiate, un implant est mis en place juste après l’ablation du sein, sous le muscle pectoral. Dans certains cas, si la tumeur est située à distance de l’aréole, nous la conservons et toute la chirurgie est effectuée par une cicatrice située sous le sein identique à celle utilisée en chirurgie esthétique.
Reconstruction mammaire par prothèse secondaire
Lors d’une reconstruction mammaire secondaire, si les tissus sont affinés au niveau de la cicatrice nous débutons par une à 2 séances de lipofilling espacés de 2 mois. Lors de la mise en place de l’implant, la cicatrice de mastectomie est utilisée. Nous réalisons par la suite un lambeau d’avancement abdominal qui permet d’augmenter la quantité de peau disponible dans la portion inférieure du sein et de définir parfaitement le pli inférieur du sein (sillon sous-mammaire). Le muscle pectoral est ensuite soulevé afin de camoufler la portion supérieure de l’implant.
Déroulement d’une reconstruction mammaire par prothèse à Paris
L’intervention se déroule sous anesthésie générale, ce qui implique une consultation pré-anesthésique obligatoire au moins 48 heures avant l’opération.
Durant environ une heure, le geste chirurgical nécessite ensuite une hospitalisation de 1 à 3 jours, principalement pour assurer la surveillance et la gestion du drainage post-opératoire.
La reprise du travail peut généralement être envisagée deux semaines après l’intervention, selon l’évolution de la récupération.
Enfin, des séances de kinésithérapie sont fortement recommandées : elles permettent de limiter les douleurs et d’améliorer la souplesse du sein reconstruit.
Quelles sont les contre-indications à une reconstruction mammaire par prothèse ?
La reconstruction mammaire par prothèse n’est pas adaptée à toutes les patientes. Le taux d’échec habituel de cette technique est évalué entre 2 et 3 % des cas.
Tabagisme et obésité, des facteurs de risque de complications
Certains facteurs augmentent également le risque de complications : un tabagisme important ou une obésité peuvent ainsi multiplier ce risque par près de trois.
La reconstruction mammaire par prothèse simple s’adresse avant tout aux femmes sans excès cutanéo-graisseux et n’ayant pas reçu de radiothérapie. Lorsque la mise en place d’un implant n’est pas possible, notamment en raison des effets de la radiothérapie, d’autres techniques peuvent être envisagées, comme la reconstruction mammaire par lambeau DIEP ou par grand dorsal.
Reconstruction mammaire par prothèse après radiothérapie
Après une mastectomie, une radiothérapie du thorax peut notamment être indiquée lorsque les ganglions sont envahis. Cette irradiation peut entraîner une brûlure plus ou moins importante de la peau du thorax ainsi qu’une rétraction des tissus, qui ne peuvent alors plus se distendre suffisamment pour accueillir une prothèse mammaire. Dans ce contexte, le taux d’échec de mise en place d’un implant est élevé.
Même lorsque la pose de la prothèse est initialement possible, une réaction fibreuse excessive autour de l’implant, appelée coque ou contracture capsulaire, peut apparaître avec une fréquence située entre 20 et 30 %. Lorsqu’elle est sévère, cette complication peut nécessiter le retrait de l’implant.
La possibilité d’une reconstruction par prothèse dépend donc de l’importance des séquelles liées à la radiothérapie. Les techniques d’irradiation conformationnelle, qui permettent de calculer les doses de rayons délivrées grâce à un repérage scanner, peuvent diminuer ces séquelles et permettre, dans certains cas, la mise en place d’implants mammaires avec un taux de réussite acceptable.
Des injections de graisse répétées au niveau de la zone de mastectomie, selon le principe de la reconstruction mammaire par lipofilling peuvent également permettre de réduire le nombre de complications et, dans certains cas, de rendre possible la mise en place secondaire d’un implant. Cette stratégie décale toutefois la reconstruction de plusieurs mois.
Prix et prise en charge d’une reconstruction mammaire par prothèse à Paris
Une reconstruction mammaire par prothèse est prise en charge par l’assurance maladie après avis du médecin conseil de la sécurité sociale. Nous pratiquons des honoraires complémentaires de 1500 à 2000 € selon les cas qui peuvent éventuellement être pris en charge par votre mutuelle.
Questions fréquentes sur la reconstruction mammaire par prothèse à Paris
J’hésite entre les implants en sérum physiologique et ceux en gel de silicone pour ma reconstruction mammaire. Que me conseillez-vous ?
Les implants mammaires en sérum physiologique présentent un bon profil de sécurité, avec notamment peu de coques et l’absence de risque de siliconome en cas de rupture, puisque l’implant se dégonfle. Leur utilisation en reconstruction mammaire reste toutefois plus limitée. Le sérum physiologique étant moins dense que le gel de silicone, des plis peuvent être visibles au niveau du bord supérieur de l’implant, notamment lorsque celui-ci est placé juste sous la peau et le muscle. Leur toucher est également plus ferme que celui des implants en silicone et ils ne sont disponibles qu’en forme ronde.
En reconstruction mammaire, nous privilégions donc le plus souvent les implants ergonomiques en gel de silicone. Les implants en sérum physiologique sont principalement utilisés lors des procédures d’expansion cutanée ou comme implants temporaires dans le cadre d’une reconstruction mammaire immédiate.
Quels sont les risques et complications d’une reconstruction mammaire par prothèse ?
Il existe des complications immédiates et à distance.
Les complications immédiates sont l’hématome, l’infection et l’ouverture de la cicatrice qui peuvent aboutir à un échec de la reconstruction dans 2 à 3% des cas.
Les complications à distances sont la contracture capsulaire ou coques, les malpositions d’implants (trop petit, trop haut, rotation), et la rupture de l’implant.
Est-il normal d’avoir des douleurs après une reconstruction mammaire par prothèse ?
Oui, une douleur post-opératoire est courante après une reconstruction mammaire par prothèse. Son intensité varie selon la position des implants: placés sous le muscle, ils peuvent entraîner un inconfort plus marqué. Toutefois, la douleur est bien contrôlée par des antalgiques et diminue généralement après quelques jours. Une gêne peut persister plusieurs semaines, mais si la douleur devient intense ou réapparaît, il est important de consulter votre chirurgien pour écarter toute complication.
Le résultat d’une reconstruction mammaire par prothèse est-il durable dans le temps ?
Non, et c’est le principal défaut de cette technique. Le sein reconstruit par un implant va rester figé alors que le sein non malade va avoir tendance à tomber avec le temps. Ainsi, une plastie mammaire du sein non malade est souvent nécessaire avec parfois des cicatrices disgracieuses.
De plus, l’implant va avoir tendance à s’user avec le temps ce qui provoque des déformations du sein reconstruit qui va nécessiter un changement de prothèse mammaire, habituellement entre 10 et 12 ans après sa pose.